29/11/2008
mort d'une héroïne rouge
Mort d'une héroïne rouge
Qiu Xiaolong
Points policiers n°1060
Cet été, pendant les Jeux Olympiques de Pékin, la parution, en feuilleton, dans Le Monde, d'un des romans de Qiu Xiaolong m'a incité à relire le livre qui l'a rendu célèbre.
Pour l'auteur, qui a émigré après les tragiques évènements de la place Tienanmen, le roman policier est prétexte pour montrer la vie quotidienne à Shanghai et Canton, "ville spéciale au sens où la plupart des codes socialistes orthodoxes ne s'y appliquaient pas". "A Canton, il n'existait aucun animal que les habitants n'aient pas trouvé le moyen de transformer en mets délicat". "La cuisine fait partie intégrante de la civilisation chinoise"(voir ma note sur "l'affaire du cuisinier chinois).
Les évènements se déroulent il y a bientôt vingt ans, et les choses ont bien évoluées depuis, en particulier les habitations et la circulation. La pollution n'a fait qu'augmenter.
Dans cette Chine capitaliste, "les scientifiques gagnent moins que les marchands ambulants". Mais peut-être qu'ici aussi les scientifiques gagnent moins que certains commerçants ?
L'énigme se déroule un an après la répression de Tienanmen, et la résolution du mystère criminel ne peut être que politique. Quelle est la ligne politique juste, à un moment où la "stabilité politique" est le mot d'ordre impératif de la direction ? Alors qu'en réaction à la "révolution culturelle", le nouveau mot d'ordre est : "regardez vers l'argent".
Faut-il porter "un coup symbolique aux tenants de la ligne dure, pour qu'ils cessent de se mettre en travers des réformes", "démontrer la détermination du Parti à combattre la corruption ?"
De la réponse dépend la poursuite de l'enquête, puisque la victime est une "travailleuse modèle de la Nation", une "héroïne rouge".
"Nous avons été élevés dans ces mythes communistes du modèle. En fait, cette notion trouve ses racines dans le confucianisme."
Confucianisme que l'on retrouve dans la sagesse populaire citée dans le livre :
"On n'étreint les jambes de Bouddha que dans le désespoir".
"L'homme n'est jamais que ce qu'il a décidé de faire, ou de ne pas faire".
"Ce n'est jamais une bonne idée d'effrayer un serpent en remuant les herbes".
"Ce ne sont pas les individus qui font les interprétations, mais les interprétations qui font les individus".
Inventant un personnage de flic poète, l'auteur imprègne son livre de poésie :
"Que m'importent les jours qui m'attendent,
Si, ce soir, ton plaisir avec moi est complet"
"C'est donc ça, l'hypnose de l'amour. Sa métamorphose. Être envouté. Sans défense. Sans poids, sans substance."
"Qui dit que la splendeur d'un brin d'herbe récompense
L'amour du printemps qui revient toujours ?"
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, roman policier, chine
01/11/2008
Un pour deux
Un pour deux
Martin Winckler
Editions Calmann-Lévy
Le docteur Winckler est bien connu depuis "La maladie de Sachs", il y a dix ans.
Ecrivain prolixe, ses romans policiers se déroulent dans le milieu médical, dont il dénonce sans relâche les travers (cette fois-ci un complot médico-chirurgical), et plus spécialement dans la ville imaginaire de Tourmens.
Dans ce roman, il dote Tourmens d'un curieux personnage comme maire : "homme politique de petite taille (il porte des chaussures surélevées), animé d'une immense ambition", tout puissant, nouveau riche, marié avec un ancien mannequin vedette, d'origine italienne, il fait "une tête et demi de moins que son épouse". Il a "promis de nettoyer au jet les quartiers les plus malpropres de la ville".
Je me disais bien que les romanciers s'inspiraient de la réalité...
Ses deux nouveaux héros sont les jumeaux René et Renée qui constituent à eux deux la petite agence de "détectives privés" "Twain Peeks".
Cette gémellité est l'occasion d'une réflexion pointue sur les mystères de l'identité sexuelle.
Martin Winckler est passionné de séries télévisées américaines, et cela se sent.
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, roman policier
07/09/2008
La taverne aux oubliés
La taverne aux oubliés
Paul Harding
10/18 ; collection "grands détectives" n°3998
Londres à la fin du XIVe siècle : sur le trône, Richard II, petit fils d'Edouard III qui réclama la couronne de France...et provoqua ainsi la "guerre de 100 ans" !
Le jeune roi est encore sous la tutelle de son oncle, Jean de Gand.
La guerre de cent ans s'est terminée par le "Traité de Brétigny", et les glorieux vétérans, revenus de leurs pillages en France, commémorent leurs exploits, quand ils ne sont pas devenus "chasseurs de primes", comme plus tard dans le Far-West.
Dans la taverne "La nuit de Jérusalem" se multiplient soudainement les meurtres.
Le frère dominicain Athelstan ("témoin bien placé de la misère des pauvres") mène l'enquête, de rebondissements en coups de théâtre. Le succès final est garanti.
Paul Harding est professeur d'histoire médiévale et nous fait revivre, pas le biais de roman policiers ce qu'était la vie quotidienne à cette époque : "Les seigneurs avaient œil perçant, cœur dur et doigts rapaces. Rien de surprenant à ce que la colère gronde chez les misérables paysans".
Et les tavernes étaient d'excellents lieux d'observation, pour savoir ce que l'on buvait, ce que l'on mangeait, tout en préparant quelques mauvais coups hors-la-loi.
08:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, roman policier, histoire
24/08/2008
Folies meurtrières
Folies meurtrières
Yves Desmazes
Editions Stock
Il flic qui écrit des romans policiers. En nous indiquant toutes les nouvelles techniques qui aident la police. Avec une énigme qui nous fait remonter le temps, au XVIIIe et au XIXe siècle.
Un flic qui a imaginé le personnage d'un flic également diacre. Un diacre pas marié mais pas insensible au charme féminin. Catholique, mais pas d'accord non plus avec la hiérarchie religieuse sur la recherche génétique ("3.000 maladies génétiques très handicapantes dont un seul défaut génétique est responsable").
Un flic de l'Hérault qui raconte une histoire policière qui se déroule à Montpellier et les environs ("la truculence de celui qui présidait aux destinées de la région étant légendaire"). A la Grande Motte ("fenêtre sur le voyage"), mais surtout dans une des ces "folies" qui entourent Montpellier. "Folie" qui vient de "folio", la feuille, pour ces habitations construites à la campagne, au milieu des arbres.
Folies qui peuvent en entraîner d'autres...meurtrières.
08:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, roman policier
12/07/2008
Le vengeur des catacombes
Malgré le titre, l'action ne se déroule pas dans les 300 kms de galeries et de salles des catacombes. "Qui ne sont des catacombes que depuis à peine 200 ans, alors que les carrières existent depuis la création de la ville". On n'y découvre deux cadavres, et on y retourne plus. Extraits : "Le plaisir est parfois décevant, le désir jamais" "Si tu mets plusieurs chacals en meute, ils peuvent avoir la peau d'un lion"
08:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, roman policier


